Hydrogène, architectures innovantes, avion plus autonome… Alors que vient de s’achever le Salon aéronautique du Bourget, la directrice de l’innovation d’Airbus, Sabine Klauke, détaille les principaux enjeux technologiques en cours pour les activités civiles de l’avionneur.

L’Usine Nouvelle – Concernant votre projet d’avion à hydrogène, vous allez devoir choisir entre un appareil équipé d’une pile à combustible ou d’une turbine conventionnelle. Comment allez-vous trancher ?
Sabine Klauke – Nous allons faire mûrir les deux solutions avant de prendre une décision, vers 2027-2028. Aujourd’hui, les travaux sur ces deux options avancent bien. Elles ont ceci dit un grand point commun : la nécessité de stocker l’hydrogène. Les réservoirs d’hydrogène liquide auront deux parois séparées par un isolant et peuvent encore être, à ce stade, en composites ou en métal. Dans le cas du moteur à combustion d’hydrogène, différents motoristes sont en train de procéder à des tests. Ce type de moteurs continuera de créer des traînées de condensation dont nous devons évaluer l’impact, c’est le but de notre projet Blue Condor. Pour ce qui est de la pile à combustible, nous avons construit six modules de 200 kW que nous avons couplés ensemble pour faire des tests électriques, à de fortes tensions, proches de 800 volts. In fine, 1,2 MW de puissance sont transférés à des moteurs électriques. Il faudra que notre choix soit techniquement viable et qu’il présente une chaîne énergétique efficace, sans oublier la robustesse industrielle et la viabilité économique.

Pour en savoir plus : «Les relations avec les motoristes seront différentes», affirme Sabine Klauke, la directrice de l’innovation d’Airbus